Tintin, son père et le Cinéma

Deuxième article consacré à Tintin dans lequel je vous propose de découvrir les relations entre Hergé, son personnage et le Cinéma. Retour au début des années 60 où le Cinéma s’apprête à reprendre pour la première fois Tintin, devenu, depuis sa création, un mythe du vingtième siècle, adulé par des générations d’enfants… devenus adultes affectionnant toujours les aventures du petit reporter bruxellois.

 

Tintin et son père… et le Cinéma !

Nous voilà en 1960 aux côtés d’Hergé ; à l’occasion de la première adaptation au cinéma des Aventures de Tintin, les journalistes du magazine télévisuel suisse de Continents Sans Visa (1959-1969), sont allés à la rencontre de l’auteur. On y découvre des planches originales de ses albums et son atelier avec ses collaborateurs.

C’est avec une grande simplicité que le père de Tintin nous présente son travail et celui de ses collaborateurs. Il avoue que c’est devant les attentes toujours plus grandes de ses lecteurs (les enfants sont très exigeants en la matière), qu’il s’est entouré d’assistants chargés essentiellement du décor et de la mise en couleur. Malgré le succès mondial de ses Aventures (la voix-off nous indique près de 500.000 exemplaires vendus par album), Hergé ne veut pas parler d’industrie quand il s’agit de son travail, sa « création reste artisanale ». C’est la même méthode de travail.

Tout démarre d’une idée à lui, il en rédige le scénario, en quelques pages, manière de « fixer l’idée ». Puis il travaille sur la mise en page, c’était à dire le découpage des planches, s’inspirant pour cela des techniques cinématographiques afin d’insuffler de la nervosité et de la vie à ses personnages, dans ses scènes. Enfin les planches sont envoyés à ses collaborateurs : l’un d’eux réalisent les décors, les paysages, les costumes ; un autre dessine des véhicules, des voitures, des avions… ; enfin ses deux collaboratrices sont en charge de la mise en couleur en respectant une règle, les couleurs doivent être harmonieuses et sans vulgarité. Leur travail s’appuie sur des documents, des photographies, des croquis…

On y apprend bien d’autres choses encore comme la création de certains personnages, notamment Tintin, les caricatures et les femmes ou plutôt La femme, Bianca Castafiore. Hergé s’attarde surtout sur l’un de ses préférés, le fameux Capitaine Haddock ! Qu’il décrit volontiers comme un individu au grand cœur mais avec un sale caractère (les journalistes ont d’ailleurs ajouté une jolie séquence d’insultes haddockesques !)

Sur ce, je vous invite à regarder ce petit film réalisé par Jean-Jacques Lagrange et Maurice Huelin.

Tintin et son père

 

Le Cinéma ou la remise en cause du succès de Tintin

Au début des années 60, Tintin est déjà entré dans la postérité. Déjà plusieurs générations d’enfants ont lu et grandi avec le petit reporter. Tintin est devenu un « mythe ». Si on en croit le reportage, ce succès mondial est dû à la volonté de l’auteur de coller à la réalité tout en conservant la transparence du dessin, permettant ainsi aux lecteurs de s’identifier facilement au héro, de se projeter dans son univers : un personnage fictif bien ancré dans le Vingtième siècle ! Les caricatures et les détails soignés du décor (marque de voiture, ville reconnaissable…) y contribuent largement. Tous les ingrédients sont là pour rendre la comparaison plus plausible encore.

Ce succès va jusqu’à attirer le Cinéma. Jean-Jacques Vierne réalise en 1961 Tintin et le mystère de la toison d’or, le premier long-métrage sur les Aventures du petit reporter bruxellois. Dans le reportage, Hergé apparaît confiant en évoquant cette adaptation de son œuvre, convaincu que le cinéma peut reprendre la stylisation de sa bande-dessinée afin d’en conserver la légèreté et la transparence du dessin.

Point d’inquiétude donc. Le succès littéraire de Tintin est tel à cette époque, que le Cinéma ne peut remettre en cause sa célébrité. En 1963, un deuxième opus sort dans les salles obscures : Tintin et les oranges bleues, réalisé par Philippe Condroyer. Pour ces deux volets, Jean-Pierre Talbot incarne Tintin, et sera le seul acteur à se glisser dans la peau du petit reporter face caméra.

Il faudra attendre 2011 et le film de Steven Spielberg, Les Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne, pour que le Cinéma hollywoodien s’empare de l’œuvre d’Hergé. Le succès du reporter n’est plus à prouver !

Pour finir, je me permets de vous mettre ci-dessous un petit reportage (2’31) trouvé à la dernière minute.

 

« Tintin est un monde de minutie »

 

Sources :
Reportage TSR (1960) :
Les grandes heures de la TSR : Continents sans visa / RTS Archives
Tintin et le mystère de la toison d’or (1961) :
Fiche du film allocine / Téléchargement VOD
Tintin et les oranges bleues (1963) :
Fiche du film allocine / Téléchargement VOD
Les Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne (2011) :
Fiche du film allocine / Téléchargement VOD

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