L’invention de la photo-carte de visite !

Cocorico !! Focus sur Eugène Adolphe Disdéri, un photographe portraitiste français du XIXème siècle qui breveta la photo-carte de visite en 1854. Quésaco ?

 

Eugène Adolphe Disdéri

André Adolphe Eugène Disdéri, autoportrait, entre 1857 et 1865.
André Adolphe Eugène Disdéri, autoportrait, entre 1857 et 1865.

Commençons par l’artiste. André Eugène Adolphe Disdéri naît en 1819 et meurt en 1889 à Paris. La photographie devient son métier dans un second temps après avoir connu la faillite avec son entreprise de bonneterie et quitter la Capitale pour Brest puis Nîmes où il devient photographe. De retour à Paris en 1854, il ouvre son atelier de photographie qui devient rapidement un des plus fameux de la Capitale où de nombreuses célébrités, notables et même dirigeants iront se faire tirer le portrait !

Pour en savoir +

 

 

Le concept

C’est donc en 1854, à son retour à Paris, que Disdéri dépose le brevet pour son invention. Alors qu’il vit encore à Nîmes, le photographe travaille et parfaire sa technique au collodion (une espèce de vernis sous forme liquide ou sous forme de film). Son travail aboutit à la création d’un nouvel appareil photographique qui grâce à l’utilisation du collodion humide est capable de reproduire huit clichés sur une même plaque de verre… tout en permettant d’immortaliser huit poses différentes !

Résultat ? Les photographies obtenues par ce procédé mesurent en moyenne 8,7cm sur 5,2cm ; plus petites que les cartes de visites (10,3cm sur 6,2cm) sur lesquelles elles sont collées.

 

Le succès

L’invention de Disdéri remporte rapidement un vif succès et les portraits-cartes de visite restent à la mode jusqu’au début du XXème siècle.

Eugène Adolphe Disdéri a su rendre son invention incontournable en fréquentant les cours d’Europe à l’instar de celle d’Autriche et en usant de la renommée de ces plus prestigieux clients comme celle de l’Empereur Napoléon III. Cette popularité éclatante redescend dans les milieux bourgeois puis dans les familles se cherchant une certaine forme de reconnaissance sociale. Il était de bon ton d’avoir une carte de visite avec son portrait dessus.

Les photographes, de France et d’Europe, s’y mettent et suivent cette mode. Leurs ateliers se développent dans les capitales comme dans les grandes villes de province. La production de ces photos-cartes de visite atteint une production quasi industrielle ; à titre d’exemple l’atelier de Disdéri produit en moyenne par jour quelques 2 400 cartes !

 

Les collections

Disdéri nous laisse une œuvre riche de 91 albums et de quelques 12 000 planches ! Si cette exceptionnelle collection nous est parvenue (en si bon état, il faut le dire) c’est grâce à un certain Maurice Levert, fils d’un ancien préfet de l’Empire et collectionneur invétéré de cette période. Ce fonds considérable a été par la suite mis en vente par ces héritiers en 1995. On retrouve aujourd’hui une partie de cette collection à la Bibliothèque Nationale de France et au musée d’Orsay, mais également chez quelques collectionneurs et autres musées étrangers.

 

En image

 

André-Adolphe-Eugène Disdéri, Rose Deschamps de la Comédie-Française en huit poses (planche de portraits au format carte de visite avant découpe) en 1859
André-Adolphe-Eugène Disdéri, Rose Deschamps de la Comédie-Française en huit poses (planche de portraits au format carte de visite avant découpe), en 1859

 

Eugène Adolphe Disdéri Lord Foley en huit poses, quatre assis et quatre en pied en 1858 épreuve sur papier albuminé H. 0.195 ; L. 0.232 musée d'Orsay, Paris, France
Eugène Adolphe Disdéri, Lord Foley en huit poses, quatre assis et quatre en pied, en 1858 épreuve sur papier albuminé H. 0.195 ; L. 0.232 musée d’Orsay, Paris, France

 

Eugène Adolphe Disdéri Giuseppe Verdi, compositeur italien né en 1814 mort en 1901 entre 1857 et 1865 épreuve sur papier albuminé contrecollée sur carton H. 0.095 ; L. 0.06 musée d'Orsay, Paris, France
Eugène Adolphe Disdéri, Giuseppe Verdi, compositeur italien né en 1814 mort en 1901, entre 1857 et 1865 épreuve sur papier albuminé contrecollée sur carton H. 0.095 ; L. 0.06 musée d’Orsay, Paris, France

 

Eugène Adolphe Disdéri Portrait de Napoléon III debout avant 1873 épreuve sur papier albuminé contrecollée sur carton H. 0.086 ; L. 0.052 musée d'Orsay, Paris, France
Eugène Adolphe Disdéri, Portrait de Napoléon III debout, avant 1873 épreuve sur papier albuminé contrecollée sur carton H. 0.086 ; L. 0.052 musée d’Orsay, Paris, France

 

Eugène Adolphe Disdéri Pierre-Eugène Grenier, dans "La Cour du roi Pétaud", opéra-bouffe de Delibes, Jaime et Gille en 1867 épreuve sur papier albuminé H. 0.2 ; L. 0.235 musée d'Orsay, Paris, France
Eugène Adolphe Disdéri, Pierre-Eugène Grenier, dans « La Cour du roi Pétaud », opéra-bouffe de Delibes, Jaime et Gille, en 1867 épreuve sur papier albuminé H. 0.2 ; L. 0.235 musée d’Orsay, Paris, France

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Sources :

Wiki Photos-cartes de visite
Wiki Eugène Adolphe Disdéri
BNF
Notice d’artiste [musée d’Orsay]

 

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